Parier sur l’avenir : pourquoi donner les moyens d’agir aux jeunes permettra de construire un monde meilleur ?

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Empowering Youth

Le monde évolue, et il évolue rapidement, bien plus rapidement que notre système éducatif n’a été capable de le faire jusqu’à présent.

Dans cette conférence TED intitulée « Les écoles tuent-elles la créativité (Do schools kill creativity)? », Sir Ken Robinson affirme que le but de l’éducation est de « nous amener vers un avenir que nous ne pouvons pas comprendre ». Dans un monde de plus en plus défini par la complexité, l’hyper-connectivité et les progrès technologiques rapides, il apparait d’autant plus nécessaire de fournir aux jeunes des compétences qui leur permettront de s’adapter et de s’épanouir.

Que l’on appelle cela « compétences du 21ème siècle », « traits de caractères », « développement de soi » ou, en anglais, « soft skills », il y a un consensus sur la nécessité de savoir collaborer et agir de manière créative et constructive dans un environnement ambigüe et changeant. Dans le contexte d’un monde incertain, le professeur Carol Dweck donne le conseil suivant : « La meilleure chose que les parents puissent faire est d’apprendre à leurs enfants à aimer les défis, à s’interroger sur les erreurs, à apprécier l’effort et à continuer à s’instruire ».

Les systèmes éducatifs du monde entier font l’objet de critiques pour ne pas avoir réussi à préparer les enfants à faire face aux défis du monde moderne, en raison d’une utilisation excessive de la préparation aux examens et de l’apprentissage répétitif. Dans ce contexte, nous préconisons de nouveaux écosystèmes d’apprentissage qui donnent les moyens aux jeunes de façonner l’avenir qu’ils désirent, au lieu de seulement y réagir.

Mais à quoi ressemblent ces nouveaux écosystèmes d’apprentissage ?

School boys in UK

Autonomisation au sein du système éducatif

Comme exemple, nous pouvons citer School21 dans le quartier est de Londres. L’approche éducative unique de cette école se fonde sur l’apprentissage de six qualités : l’expertise (maitriser les bases de l’apprentissage), le professionnalisme (être prêt à apprendre), l’éloquence (trouver sa voix), la ténacité (surmonter les échecs), l’inspiration (créer de nouvelles choses) et le savoir-faire (qualité du travail). Elle propose à chaque étudiant un encadrement individuel et un soutien personnel. Son programme accorde une grande importance à la communication orale, et l’apprentissage se fonde sur des projets pratiques, ancrés dans le monde réel, qui sont présentés lors d’événements ouverts au public.

L’éducation est un facteur important dans le développement d’un jeune individu, mais ce n’est pas le seul. Pour véritablement soutenir les jeunes et leur permettre de mener le changement, nous devons travailler auprès de différents secteurs.

Autonomisation des jeunes par l’entrepreneuriat

Jeroo Billimoria est une entrepreneuse sociale à l’origine de plusieurs initiatives renforçant l’autonomie des jeunes. Elle a créé la Childline India Foundation, un service d’urgence téléphonique disponible 24h/24 pour les enfants des rues en détresse. Des enfants des rues volontaires sont formés à répondre au téléphone et à rediriger les appels vers les services compétents. Childline travaille avec des services publics officiels, qui ont souvent des relations conflictuelles avec les enfants des rues, pour promouvoir les droits de ces enfants, remettre en cause la perception que s’en fait la société, et créer des programmes qui les soutiennent.

« Les enfants ont besoin de systèmes inclusifs et façonnés à leur image, des systèmes qui leur permettront de répondre à leurs envies et besoins à tout moment », déclare Jeroo. En mars 2015, Childline avait répondu à 36 millions d’appels, exerçait ses activités dans 366 villes et travaillait avec un réseau de plus de 700 organisations partenaires.

Au Royaume-Uni, l’entreprise sociale Bite the Ballot lance un mouvement visant à impliquer les jeunes dans la démocratie en identifiant et en supprimant les obstacles qui les empêchent d’avoir un rôle actif en politique. Elle aide les jeunes à prendre conscience de leur pouvoir politique à travers des campagnes digitales virales, une stratégie de communication et des actions de lobbying menées par et pour les jeunes.

« Il y a bien trop de jeunes qui ne voient pas le lien entre les problèmes pour lesquels ils se passionnent et leur engagement politique » déclare Michael Sani, co-fondateur de Bite the Ballot. « Notre mission vise à créer des espaces qui mobilisent, donnent des moyens aux jeunes et leur permettent d’être acteurs de changement. »

Faire émerger un monde meilleur

Ces entrepreneurs sociaux et innovateurs dans le domaine de l’éducation démontrent à quel point il est important de placer les jeunes au cœur du changement social. En aidant les jeunes à façonner activement le monde dans lequel ils souhaitent vivre, ils préparent une génération à s’épanouir dans un monde de changement et à s’attaquer aux problèmes sociaux les plus importants.


Ellen Goodman and Rob Wilson

Article traduit de l'anglais

Article initialement publié le 19 août 2016
Sujets SimilairesEnfance et jeunesse, Education / Apprentissage, Leadership des jeunes, Réformes scolaires, Une jeunesse en action

Auteur

Ellen Goodman and Rob Wilson
This article is part of a series produced in collaboration by the Skoll Foundation and Ashoka, to coincide with the 2016 Skoll World Forum in Oxford, England. Follow the conversation at #SkollWF and #AshokaAtSkoll.

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