L'alphabétisation en tant que droit humain fondamental


Usha Tamba Dhar invite les Canadiens à défendre la cause de l'alphabétisation dans leurs communautés, puis fournit des outils efficaces qui permettent aux enfants marginalisés d'acquérir les compétences nécessaires pour sortir de la pauvreté.
Changemakers

« La vraie liberté émane d'un esprit fort. »

Adolescente, Usha Tamba Dhar, bénévole dans un camp pour enfants ayant des difficultés de développement, a rencontré un jeune garçon atteint de trisomie 21. Sa famille, en raison de son diagnostic, avait été informée qu'il n'apprendrait jamais à parler, à lire ni à écrire. Pourtant, dans ce camp, il a parlé – et parmi ses premiers mots, son nom. Des années plus tard, Usha a découvert qu'il était à l'école secondaire, qu'il suivait plusieurs cours en milieu ordinaire et qu'il avait même un emploi le week-end. Enfant, on supposait qu'il ne pourrait pas mener une vie épanouie. Remettre en question les idées reçues sur qui peut ou ne peut pas être alphabétisé est au cœur du travail d'Usha.

Des recherches internationales menées par la Fondation mondiale pour l'alphabétisation et d'autres organismes montrent que les personnes ayant des compétences insuffisantes en lecture et en écriture sont plus susceptibles de connaître des problèmes de santé, un potentiel de revenus plus faible, un engagement civique réduit et des perspectives d'avenir limitées. Ce problème existe même dans un pays riche comme le Canada. Selon l'OCDE, près de la moitié des Canadiens n'ont pas le niveau de compétences en lecture et en écriture requis pour être compétitifs dans l'économie mondiale du savoir. Usha travaille avec des familles, souvent issues de milieux défavorisés. Dans les communautés à faible revenu, où l'analphabétisme est un problème majeur, Usha est convaincue que l'alphabétisation est un droit fondamental pour chaque Canadien. Tout niveau d'analphabétisme doit être perçu comme une défaillance systémique, un manquement à l'obligation de fournir des besoins essentiels comme l'eau et un abri, et non comme une simple statistique. Pour Usha, la première étape a consisté à démontrer comment un accès continu aux outils et aux programmes d'alphabétisation pouvait être efficace et rentable dans n'importe quel système. C'est ce qui l'a amenée à cofonder Jeunesse Sage en 1992. Jeunesse Sage a été créée pour offrir des programmes essentiels d'alphabétisation et de développement des compétences de vie aux enfants et aux jeunes marginalisés de la région d'Ottawa. Aujourd'hui, ce programme relève de la Fondation pour l'excellence en alphabétisation (FEA), fondée en 2005, qui soutient les leaders communautaires dans l'élaboration de programmes efficaces d'alphabétisation et de développement des compétences de vie partout au Canada.

La FEA fournit aux organismes des cahiers d'exercices, des ateliers de formation et du microfinancement pour les aider à développer leurs propres programmes d'alphabétisation. En créant un ensemble de méthodes faciles à utiliser, culturellement adaptées et reproductibles, la FEA offre une solution efficace et peu coûteuse pour mettre fin à l'analphabétisme au Canada. En partageant ce modèle, l'ELF a aidé ses organisations partenaires à contribuer à la réussite et à l'inclusion de plus de 80 000 enfants auparavant marginalisés ou défavorisés.

Selon les rapports, les participants aux programmes reproductibles et dispensés directement par l'ELF augmentent généralement leurs compétences en lecture et en écriture jusqu'à 200 % et affichent un taux de décrochage scolaire de 0 %. Cela leur ouvre les portes de l'enseignement supérieur et de meilleurs emplois. Cela démontre également que l'accès à des programmes d'alphabétisation peut être intégré avec succès aux systèmes de soutien communautaires.

Usha ne se contente pas d'apprendre à lire aux enfants marginalisés. Elle transforme la perception de l'analphabétisme en montrant que, en raison de son lien avec la pauvreté, l'alphabétisation est un droit humain aussi fondamental que l'accès au logement et à l'eau potable.