Lucile Cornet-Vernet, fondatrice de la Maison de l'Artemisia

Promouvoir les collaborations entre médecine traditionnelle et conventionnelle pour le traitement des maladies infectieuses et ainsi apporter une réponse durable à l’écoute des enjeux environnementaux
photo de Lucile Cornet-Vernet

Malgré des avancées majeures en termes de médication et de prévention ces dernières années, le paludisme et d'autres maladies infectieuses touchent encore des millions de personnes, principalement en Afrique, démontrant les limites du système de médication conventionnel existant, notamment en ce qui concerne l'accès au traitement. Les solutions à base de plantes sont utilisées de manière ancestrale et pourraient représenter une option complémentaire potentielle. Cependant, elles sont restées quasiment ignorées et inexploitées par les gouvernements et les communautés locales, ainsi que par les institutions de santé mondiales, y compris le monde de la recherche internationale. 

En commençant par le paludisme, Lucile entraîne le monde de la recherche internationale dans un changement de mentalité majeur sur le potentiel inexploité des solutions traditionnelles à base de plantes en combinant stratégiquement des approches à base de plantes et de médicaments. En mettant la production et la distribution entre les mains des communautés locales, Lucile transforme l'accès au traitement des maladies infectieuses et crée davantage de synergies entre les médicaments traditionnels et conventionnels. 
Ayant observé sur le terrain, de manière répétée et scientifique, les effets positifs de la médecine traditionnelle, Lucile agit afin que ces solutions locales et peu coûteuses qui pourraient redonner aux communautés leur agence de santé soient explorées et testées. 
Pour bouleverser le statu quo, Lucile encourage une collaboration unique entre les médecines traditionnelles et conventionnelles et travaille avec toutes les parties prenantes sur le terrain, le personnel médical, les agronomes, les entreprises pharmaceutiques locales, les dispensaires, les organismes de santé nationaux et mondiaux, d'autres entrepreneurs sociaux et les gouvernements, élargissant ainsi le champ des possibles. 
En combinant stratégiquement des approches communautaires et des approches scientifiques internationales, elle a été la force motrice d'un changement de mentalité au niveau international, de sorte que l'exploration du potentiel inexploité des solutions traditionnelles à base de plantes est acceptée et adoptée. 

A travers son ONG La Maison de l'Artemisia, elle expérimente sa méthodologie sur deux plantes, l'Artemisia annua et l'Artemisia afra, traditionnellement utilisées sous forme d'infusion pour lutter contre le paludisme mais aussi d'autres maladies comme la schistosomiase. Depuis 2015, elle a initié un puissant mouvement communautaire à travers près de 30 pays d'Afrique et a soutenu la mise en place autonome de l'industrie de l'Artemisia sur tout le continent, en en faisant un secteur économiquement viable pour les agriculteurs locaux et une solution largement accessible impossible à négliger désormais pour les gouvernements locaux et la scène internationale. En effet, elle a réussi à attirer l'attention et l'investissement des meilleurs chercheurs dans ce domaine et ainsi inciter les institutions nationales et internationales à considérer l'Artemisia comme une solution valable. 

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