L'effet égalité : un réseau d'avocats internationaux fait des droits des filles une réalité
Le droit comme outil de changement.
En mai 2013, 160 filles âgées de trois à dix-sept ans ont marqué l'histoire juridique kényane devant la Haute Cour. Une décision historique a déclaré inconstitutionnelle l'incapacité de l'État à protéger les filles contre le viol. La victoire a assuré l'accès à la justice aux dix millions de filles du Kenya.
Fiona Sampson, l'une des avocates à l'origine de cette victoire constitutionnelle et juridique, a fondé Equality Effect afin de s'assurer que l'impact positif du verdict engendre le changement culturel si nécessaire. Elle crée aujourd'hui un réseau d'avocats internationaux qui animent une communauté mondiale partageant leurs succès pour amplifier les actions ciblées.
Forte de vingt ans d'expérience dans le contentieux des droits humains pour les Premières Nations, les réfugiés, les personnes handicapées et les victimes de violence, Fiona était convaincue que l'impact novateur de l'affaire des « 160 filles » ne se maintiendrait que si la décision était appliquée. Elle avait besoin d'un moyen d'instaurer un changement comportemental et culturel durable dans un pays où une fille sur trois est victime de violences sexuelles et où la police est souvent impunie. L'organisation Equality Effect s'attaque aux causes profondes de ce fléau – la responsabilisation des auteurs – en sensibilisant la population aux droits des filles et aux obligations de la police, tant sur le plan juridique que local.
Suite aux campagnes d'Equality Effect, les membres de la communauté ont constaté une confiance accrue envers la police et 31 % des Kenyans connaissaient l'importance de l'affaire des 160 filles, comparativement à seulement 7 % auparavant. Cette affaire a été reconnue par l'ONU comme une bonne pratique internationale et a inspiré les projets les plus récents d'Equality Effect au Malawi et au Ghana.
Le succès de Fiona au Kenya a fourni des preuves et un modèle pour étendre son action à de nombreux pays africains. Elle anime maintenant un réseau d'avocats spécialisés dans les droits humains à travers le monde afin d'utiliser des affaires marquantes pour responsabiliser les gouvernements et garantir aux femmes et aux filles l'accès à la justice qu'elles méritent.