Un test à la fois : Water Rangers recueille des données sur la qualité de l’eau grâce au sociofinancement

Group of youth smiling at the camera as part of Ashoka Canada Fellow Kat Kavanagh's project Water Rangers

« Le Canada est rempli d'eau, mais il manque cruellement de personnel pour surveiller sa qualité », explique Kat Kavanagh. En effet, souligne-t-elle, nous n’avons aucune donnée sanitaire de base pour plus de 60 % des rivières, lacs et cours d’eau du pays. « Sans données sur la qualité de notre eau, impossible de prendre des décisions éclairées quant à sa préservation, ni de savoir si la situation s’améliore ou se détériore. »

C'est précisément pour ces raisons que Kat a créé Water Rangers en 2015. L'organisme comble le manque de données sur l'eau au Canada en créant et en distribuant des trousses d'analyse aux particuliers et aux collectivités. Ces trousses leur fournissent les outils nécessaires pour analyser et surveiller leurs cours d’eau locaux et, surtout, pour gérer et partager ces données sur une plateforme libre et accessible à tous.

« Beaucoup de gens se sentent impuissants face aux décisions concernant leurs cours d’eau et ne savent pas comment contribuer à leur préservation », constate Kat. Les Water Rangers permettent aux citoyens d'agir concrètement et directement pour améliorer la santé de leurs ressources en eau locales. Ce faisant, ils forment de nouvelles générations de scientifiques communautaires, inspirés à devenir des gardiens de l'eau.

La stratégie porte ses fruits : plus de 80 % des testeurs de Water Rangers indiquent que depuis leur engagement auprès de l'organisation, ils passent plus de temps dans la nature, enseignent aux autres comment analyser l'eau et sensibilisent leur entourage à la protection de l'environnement. En partenariat avec plus de 200 groupes communautaires (universitaires, gouvernementaux, des Premières Nations, inuits, métis et autres), Water Rangers a rejoint plus de 25 000 personnes, ouvrant ainsi au public des espaces auparavant réservés aux scientifiques et aux instances gouvernementales. L'organisation collabore avec les conseils scolaires et les enseignants afin d'intégrer la surveillance de l'eau à l'apprentissage des STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) dans les écoles du Canada.

L'expérience de Kat en conception d'expérience utilisateur est un atout majeur pour le succès de l'organisation : les outils de Water Rangers sont attrayants, faciles à utiliser et abordables, et elle les améliore constamment en fonction des commentaires des utilisateurs. Les tests offrent une rétroaction immédiate, permettant aux utilisateurs d'interpréter les résultats sur-le-champ et d'en comprendre les implications.

L’expertise et l’approche de Water Rangers sont de plus en plus reconnues : l’organisme continue de collaborer avec les universités et les gouvernements à tous les niveaux sur les enjeux liés à l’eau et prend en charge l’évaluation nationale des bassins hydrographiques du Canada par l’entremise des Rapports sur les bassins hydrographiques du Fonds mondial pour la nature (WWF).

« Nous imaginons un monde où chaque communauté a les outils pour prendre soin des plans d’eau qui lui sont importants », explique-t-elle. « Chaque lac, rivière ou ruisseau devrait faire l’objet de suffisamment de données pour qu’on puisse déterminer son état de santé. »