Plus qu'une tasse de sucre de votre voisin : Life.School.House


Avec Life.School.House, Jennifer DeCoste a su exploiter notre profond besoin de camaraderie. LSH utilise des ateliers communautaires basés sur le troc comme moyen de réduire l'isolement social et de créer des citoyens et des quartiers plus forts.
Group of people in a field paying attention to a Life.School.House session

Des ateliers d'échange pour resserrer les liens communautaires

Un après-midi de fin de semaine, dans une maison chaleureuse d'Halifax, un groupe de voisins s'est réuni pour un atelier Life.School.House. Au programme : apprendre à faire du kimchi, à élever des poules, à tricoter, à fabriquer du savon, à maîtriser les rudiments de la menuiserie, à pratiquer l'apiculture ou encore à faire du géocaching. Les compétences varient, mais l'objectif principal de chaque atelier reste le même : rassembler les voisins pour bâtir des communautés plus fortes et résilientes.

Depuis son lancement en 2018, LSH a offert plus de 350 séances, dont la plupart affichent complet en quelques minutes après leur mise en ligne. Ce qui est intéressant, explique Jennifer DeCoste, c'est que la plupart des participants s'inscrivent avant tout pour le sentiment d'appartenance à une communauté : « Le sujet est secondaire.»

Jennifer, la force motrice derrière LSH, a eu l'idée d'organiser des ateliers de partage de compétences pour tisser des liens au sein de sa communauté d'adoption dans les provinces de l'Atlantique. Face à un fort exode rural et à un nombre croissant d'immigrants sans lien avec leur nouvelle communauté, les résidents des Maritimes sont particulièrement vulnérables à l'isolement social – un sentiment que Jennifer a vivement ressenti lorsqu'elle a déménagé dans un nouveau quartier en 2017. L'année suivante, elle a ouvert sa maison pour accueillir plus de 50 ateliers afin de tisser des liens entre les quartiers et de favoriser le dialogue intercommunautaire.

Ce qui distingue les ateliers LSH, ce sont leurs hôtes : à ce jour, plus d'une douzaine de membres de la communauté néo-écossaise ont été formés aux compétences nécessaires à leur leadership communautaire. Ils transmettent ensuite ces compétences à leurs voisins. Les hôtes offrent gratuitement leurs maisons, ateliers, granges et cours comme espaces d'atelier. Dans ces lieux de rencontre, les membres de la communauté se rassemblent pour apprendre des animateurs, des pairs qui partagent leurs compétences et leur expérience. Point essentiel : aucun argent n'est échangé : les participants rémunèrent les animateurs exclusivement par des dons et des échanges. Ce modèle, explique Jennifer, élimine les obstacles financiers qui pourraient freiner la participation. « Cela crée un environnement où chacun a quelque chose de précieux à apporter, où chacun sait qu'il a sa place et les ressources nécessaires pour faire partie d'une communauté. »

En ouvrant leurs portes à des inconnus, les hôtes témoignent d'une confiance authentique qui imprègne toute la communauté. Et ça paraît : les communautés LSH signalent un sentiment d'appartenance et de résilience renforcé. Près de 90 % des participants se disent plus heureux, plus créatifs et ont un sentiment d'appartenance à la communauté plus fort ; les trois quarts disent avoir rencontré de nouvelles personnes et noué de vraies amitiés.

Au Canada et à l'international, Jennifer collabore avec des réseaux partageant les mêmes valeurs pour développer LSH, qui s'est implanté en Nouvelle-Écosse et poursuit son expansion à travers le pays. LifeSchoolHouse travaille aussi avec de nouveaux partenaires aux États-Unis, au Danemark et au Mexique. Avec Ashoka, elle veut faire connaître le modèle LifeSchoolHouse à l'échelle mondiale, tissant des liens solides et résilients, un atelier à la fois.