1,5 degré : c’est la hausse maximale des températures qu’il faudra atteindre selon le GIEC si on veut éviter les effets dévastateurs du réchauffement climatique sur la biodiversité. faisant écho à l’objectif fixé par de l’Accord de Paris  adopté en 2015. 

Alors que la COP24 vient de s'achever, une question simple : et si au lieu de parler constamment des objectifs à atteindre, nous parlions plus concrètement des moyens pour y parvenir ? Selon la théorie du « tipping point » (« point de bascule » en français), il suffirait de la mobilisation de 3,5% de la population mondiale pour faire bouger les lignes sur le climat. Un sursaut qui s’organise et prend de l’ampleur autour de solutions qui combinent une réponse aux enjeux sociaux et environnementaux, pour favoriser des modes de développement durables et inclusifs.  
 

 

La transition écologique est une voie qui doit être choisie par, avec, et pour chacun.e d’entre nous

A l’aube de sa démission, Nicolas Hulot s’indignait : "Je ne comprends pas que nous assistions globalement à la gestation d'une tragédie bien annoncée dans une forme d'indifférence." Si la mobilisation citoyenne, politique et scientifique est bien là, et s’illustre par exemple lors des marches pour le climat, des débats sur les pesticides ou à travers la toute récente notoriété de l’idée « d’effondrement », il faut en effet en faire d’avantage. 

Le réchauffement climatique n’est pas un « dossier comme les autres ».  C’est un phénomène qui va profondément affecter chacun d’entre nous de façon individuelle, mais aussi tout le système, les habitudes du monde dans lequel nous vivons. Ainsi, la réponse à cet enjeu doit être du même ressort : globale, profonde, systémique. 

C’est tout le défi des centaines d’entrepreneurs sociaux qui font vivre un message ambitieux, qui touche toutes les brèches du système dans lequel nous vivons. Ils sont conscients que la préservation de l’environnement implique nécessairement une transition sociale, qui, de manière générale, nous invite à transformer nos manières de produire, de consommer, et de partager.

En explorant leur potentiel d’acteurs de changement, les entrepreneurs sociaux représentent des modèles qui offrent l’opportunité d’adresser les enjeux environnementaux sous un angle novateur pour créer un impact durable et inclusif.  Illustration avec trois exemples : 

 

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Enercoop : Généraliser l’utilisation individuelle d’électricité renouvelable 

Distingué dans le top 3 des fournisseurs d’électricité verte en France, le réseau porté par Julien Noé, entrepreneur social Fellow Ashoka depuis 2011, positionne la production et la consommation d’énergie écologique et citoyenne dans une dynamique d’économie circulaire. En proposant une alternative à la production actuelle d’énergie, avec un nouveau modèle pérenne, écologique et réplicable, il encourage les citoyens à repenser leur relation à l’énergie et leur mode de consommation. 

Aujourd’hui, Enercoop c’est un réseau de 11 coopératives et une capacité de production de grande échelle qui alimente plus de 50 000 consommateurs en énergie ! 


En plus des changements des comportements individuels, d’autres entrepreneurs se mobilisent pour créer une communauté engagée autour de projets fédérateurs en harmonie avec la nature…

 

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Terre de Liens : Impulser un mouvement collectif autour de la création de fermes biologiques

En mobilisant l’investissement solidaire et le don pour permettre l’installation d’agriculteurs et la création de fermes biologiques, Terre de Liens contribue à maintenir une agriculture à taille humaine. Le but de son fondateur, Jérôme Deconinck (Fellow Ashoka 2008) : redynamiser la vie sociale des zones rurales et développer la consommation collective de produits biologiques. 

Ainsi, Terre de Liens mobilise 13 500 actionnaires citoyens solidaires qui ont pour ambition de créer une génération de citoyens conscients de ce qu’ils produisent et ce qu’ils mangent ! 


Enfin, une dernière étape est nécessaire pour parachever le basculement vers un système soucieux de l’environnement : se mobiliser pour le changement des règles de notre vivre ensemble !

 

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Bloom – Militer pour l’interdiction de la pêche électrique et la protection des océans

En s’appuyant sur de la recherche scientifique et sur un lobbying structuré, l’association Bloom créée par Claire Nouvian (Fellow Ashoka 2017) fait évoluer l’ensemble de la chaîne de production vers un modèle d’exploitation des espèces marines plus durables et contribue au changement du cadre réglementaire. Son modèle passe aussi par la sensibilisation auprès du grand public en mettant en lumière les pratiques de distribution et de consommation qui menacent les écosystèmes marins.

Plus de 800 000 citoyens soutiennent Bloom, alors que 2018 a été marqué le succès de l’interdiction formelle et définitive de la pêche électrique en Europe.  



Les entrepreneurs sociaux proposent ainsi des changements de modèles à chaque étape de la production et de la consommation, de façon à impacter entièrement les schémas et normes définissant le système. 

La mobilisation citoyenne prend donc un tout autre sens : il nous faut nous rassembler autour de ces initiatives multiples afin de soutenir et  fédérer les acteurs de la transition économique et sociale. Là est la clé pour démultiplier leur impact afin qu’ils constituent un véritable écosystème garant de l’intérêt général… qui atteint ensemble le point de bascule !

 

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