Les principes fondateurs d’internet étaient : la neutralité, la démocratisation des savoirs et la volonté de libérer le grand public en surpassant le pouvoir des institutions. Pourquoi certains s’en sont-ils détournés au point de renier le rêve initial ? Si le marché des nouvelles technologies souffre aujourd’hui de situations monopolistiques et peut servir des pratiques dénoncées (commercialisation des données personnelles) voire encourage la domination (Cambridge Analytica, embrigadement islamiste), « la tech » continue d’offrir à ceux qui le veulent l’opportunité d’adresser des enjeux de société d’une manière inédite et sous un angle nouveau.

C’est avec le numérique qu’a émergé la start-up, figure de proue d’une réinvention des services. On a créé la « foodtech », la « fintech », la « fashion tech » et tant d’autres, multipliant les réponses à des besoins de consommation… le plus souvent créés par l’offre. A force de chercher l’innovation, l’idée géniale qui révolutionnera les modes vies, on a tendance à oublier que beaucoup de besoins fondamentaux ne sont jamais adressés, et que la tech peut nous aider à résoudre les enjeux sociaux et environnementaux de notre époque.

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Source: Helene Delaplace

Parmi ces nombreux « innovateurs », certains ont choisi de mettre leurs qualités entrepreneuriales au service d’une solution. Ils sont les figures de proue de la « Tech for Good », cette nouvelle tendance de l’innovation au service du bien commun à la croisée des chemins entre la Tech et l’économie sociale et solidaire (ESS), qui réunit deux approches complémentaires : l’innovation numérique de la Tech doublée du savoir-faire et de la connaissance des entreprises de l’ESS des besoins sociaux, sanitaires et environnementaux. Qu’ils s’engagent au service de l’éducation, de la santé, de l’intégration ou de l’environnement, ils visent un même critère de réussite : avoir un impact positif impact sur le monde qui les entoure.

 

 

LE NUMERIQUE REND L’EDUCATION ACCESSIBLE A TOUS ET DEPASSE LES BARRIERES DU HANDICAP

Afin d’offrir à son fils l’opportunité d’accéder aux meilleures stratégies éducatives, Gaële Regnault a développé des applications sur mobiles et tablettes à destination des enfants atteints d’autisme, des parents et des éducateurs. Conçues avec le soutien du Ministère de l’Education nationale, les applications LearnEnjoy facilitent leur intégration au sein du système scolaire. Alors qu’en France, seulement 20% d’entre eux sont scolarisés, qu’on choisit le plus souvent de les placer en structures spécialisées et que les outils à disposition sur hors de prix, LearnEnjoy fait de leur différence une richesse et de la pédagogie différenciée un levier de réussite scolaire pour tous.

S’appuyer sur le numérique, c’est trouver la bonne plateforme à développer. Simon Houriez a créé Elix, le premier dictionnaire français en langue des signes. L’objectif ? Permettre aux personnes malentendantes ou atteintes d’avoir accès à plus de 10 000 définitions,  alors qu’elles n’avaient à disposition que des lexiques. Ergonomique et collaboratif, Elix fonctionne comme un moteur de recherche et s’appuie sur la force de la communauté pour se perfectionner constamment.

LE NUMERIQUE S’ADAPTE A TOUS LES CONTEXTES ET REND LES BENEFICIAIRES ACTEURS DE LEUR PROPRE PARCOURS D’INSERTION

Comment ne pas évoquer également les ideas box de l’ONG Bibliothèques sans frontières, connectées et mobiles jusque dans des camps de réfugiés. Déployées, ces médiathèques en kit se transforment en espaces d’apprentissage et de création de 100 m² avec livres, tablettes, liseuses, ordinateurs, caméras… et surtout en levier de résilience pour ses utilisateurs. Les ideas box renforcent la capacité des organisations humanitaires à mieux intégrer l’apprentissage, l’information et la création à leurs interventions.

LE NUMERIQUE OUVRE DES NOUVELLES VOIES DE RESILIENCE ET SURPASSE LES CAPACITES DES OPERATEURS PRIVES ET PUBLICS EN PERMETTANT AUX CITOYENS DE DEVENIR ACTEURS DE CHANGEMENT

Innover ne consiste pas à trouver la dernière invention scientifique, mais plutôt à utiliser la technologie pour redonner aux citoyens leur capacité d’intelligence collective et leur pouvoir d’action. Gaël Musquet a fondé HANDS, un réseau de hackers pour aider les populations locales à réagir par elles-mêmes en cas de catastrophes naturelles grâce aux réseaux sociaux, capteurs sismologiques, radios, antennes 4G… En s’appuyant sur les ressources phénoménales qu’offre le web en termes de collecte d’information, il développe des bases de données que les citoyens se réapproprient pour imaginer à leur tour des solutions (et trouver de nouveaux moyens de les produire et de les utiliser). Il est notamment le fondateur d’OpenStreetMap, qui est à l’Atlas ce que Wikipédia est à l’encyclopédie.

Dans des situations d’impasse pour les acteurs privés et publics, la tech rend le pouvoir aux citoyens. L’exemple du partenariat entre Bayes Impact et Pôle Emploi est en ce sens emblématique. L’ONG a obtenu l’accès à l’ensemble des données (anonymisées) recueillies par l’institution sur les personnes en recherche d’emploi, ce qui lui a permis de développer la plateforme d’intelligence artificielle Bobemploi. Grâce au traitement des millions de données collectées, celle-ci offre à chacun un accès 24h/24 à des conseils personnalisés et est capable d’évaluer quelles sont les stratégies les plus efficaces en fonction des profils, des niveaux de formation, des zones géographiques…

VERS UN ECOSYSTEME DE LA TECH FOR GOOD ?

Si la tech permet aux entrepreneurs sociaux de développer les meilleures solutions à des problèmes de société, elle constitue une véritable innovation lorsqu’elle leur permet de transformer les bénéficiaires en acteurs-contributeurs. Surpassant le pouvoir des entreprises et des institutions, la tech donne aux entrepreneurs sociaux la capacité d’avoir un impact sur les mentalités et la société tout entière. A présent, il est temps pour les acteurs de la #TechForGood de prendre la parole d’une seule voix et de s’unir pour mettre l’innovation au service de l’intérêt général !

ASHOKA & SHARE.IT
Le numérique offre aux entrepreneurs l’opportunité de perfectionner chaque étape de leur processus de création : meilleure identification des besoins, meilleur ciblage des bénéficiaires et personnalisation des solutions. L’objectif de ces nouveaux outils mis à leur disposition est de démultiplier et de mesurer leur impact. Afin d’accompagner au mieux les entrepreneurs sociaux dans le développement de solutions numériques, Ashoka a lancé Share.IT, accélérateur Tech for Good basé à Station F, qui propose un parcours sur 12 mois en partenariat avec des pointures de la Tech.

Des initiatives telles que FEST permettent de dresser un panorama des acteurs de la #TechForGood

> > LES ACTEURS DE L'ECOSYSTEME

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